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Le design libre, c'est quoi ? par Entropie

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https://www.asso-entropie.fr/fr/

 

Le design libre est une pratique développée par l'association Entropie : elle tend à démocratiser la technique en levant l’abstraction sur les objets qui nous entourent.

Tous les objets que nous développons font l’objet d’une documentation qui est diffusée librement pour que d’autres personnes puissent se l’approprier. Nous faisons le pari de créer d’autres modes de production basés sur l’entraide, la collaboration et la libre circulation des connaissances.

Nous avons théorisé sur les nouveaux enjeux sociétaux que sous-tend cette pratique et nous diffusons ces recherches sous la forme de conférences ou de publications.

Le manifeste est accessible en vidéo ou sous format texte, plus concis.

Le manifeste :  

Christophe André est designer militant. Au cours de ses études en école d’ingénieur, on lui demande un jour de concevoir un objet ayant une durée de vie limitée. Cette confrontation à l’obsolescence programmée, au cœur du système de production, axera par la suite sa recherche artistique. Il quitte le monde des ingénieurs pour celui des Beaux-Arts, où il entame une réflexion sur l’autoproduction et ce nouveau mode de diffusion des objets : le “design libre”. Une pratique et une pensée à contre-courant.

Je me suis interrogé sur la conception des objets telle qu’elle prévaut dans notre société consumériste, et sur ce que j’aimerais qu’elle soit dans l’idéal. Un des points qui me dérange le plus dans le rapport que l’on entretient avec les objets, c’est l’abstraction quasi totale qui le caractérise. Par abstraction, j’entends le fait que la plupart du temps on ne sait pas par qui, dans quelles conditions, avec quel type de matériau ou à quel endroit sont réalisés les objets ni comment ils fonctionnent précisément. Comme dirait François Brune, « tout est fait pour que chez le consommateur l’acte d’achat soit déconnecté de ses réelles conséquences humaines, environnementales et sociales. Pour jouir et gaspiller sans honte, il faut cacher les véritables coûts humains des produits, les lieux et modes de production, les impacts sociaux, etc. » [1].

"J’ai appris à forger."

Pour lever cette abstraction, j’ai décidé de fabriquer les objets dont j’ai besoin plutôt que de les acheter. J’ai ainsi réalisé mon mobilier (table, bureau, canapé, console...). Je me suis inscrit à un cours de poterie pour réaliser en céramique mes ustensiles de cuisine (plat à tarte, moule à gâteau, saladier, pot à eau...). J’ai appris à forger, ce qui m’a permis de fabriquer mes outils de jardin. J’ai aussi créé des objets en lien avec des préoccupations énergétiques : une « marmite norvégienne », un cuiseur solaire (en collaboration avec Gabrielle Boulanger), un four solaire, une éolienne...

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Production autonome, production hétéronome : un équilibre à atteindre

Ce genre d’expérience est beaucoup plus riche qu’on peut le croire, dans le sens où le fait de créer au lieu d’acheter permet d’acquérir des compétences dans divers domaines. C’est aussi un moyen de rétablir un équilibre entre la production intégrée (hétéronome) et ce que Ivan Illich appelle la production vernaculaire (ou autonome) [2]. La production autonome est celle qui permet à chacun de produire d’une manière très souple à partir de ressources locales et de moyens techniques de proximité en vue de satisfaire ses propres besoins et ceux d’un groupe social relativement restreint (une communauté, un village, une région). Ce mode de production, qui était dominant avant la révolution industrielle, tend à disparaître au profit de la production intégrée. Cette production hétéronome demande des moyens techniques considérables et donc des capitaux en rapport, ainsi qu’une main-d’œuvre importante soumise à une division du travail poussée réduisant les savoir-faire et enlevant au travailleur toute l’autonomie dont l’artisan d’antan pouvait bénéficier.

"Il n’y a pas d’opposition entre les modes de production hétéronome et autonome mais une complémentarité."

Le problème auquel on doit faire face actuellement, c’est qu’on a privilégié la production hétéronome au détriment des activités vernaculaires. Ce faisant, on n’a pas seulement favorisé un modèle de production mais on a par la même occasion privilégié un modèle politique car la technique n’est pas neutre, elle façonne le monde, elle est un prolongement du politique. Jacques Ellul disait que la technique mène le monde bien plus que la politique et l’économie.

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La technique : un prolongement du politique

Pour comprendre cette non-neutralité des techniques, il faut remonter au début de la révolution industrielle, dans les années 1811-1812 en Angleterre lorsque les Luddites se sont révoltés face à la montée de la production industrielle. Les artisans de la filière du travail de la laine et du coton allaient, la nuit, briser les machines dans les usines. Les Luddites ne se battaient pas contre la technique, mais pour préserver l’autonomie et la liberté qu’ils avaient d’organiser leur vie. Ils étaient pour que les machines soient au service de l’homme et non le contraire. Les Luddites ne se sont pas opposés à toutes les machines, mais à toutes les « machines préjudiciables à la communauté », c’est-à-dire celles que leur communauté désapprouvait, sur lesquelles elle n’avait aucun contrôle et dont l’usage était préjudiciable à ses intérêts. En d’autres termes, il s’agissait de machines produites uniquement en fonction de critères économiques et au bénéfice d’un très petit nombre de personnes, tandis que leurs divers effets sur la société, l’environnement et la culture n’étaient pas considérés comme pertinents.

"Que les machines soient au service de l’homme et non le contraire."

Les Luddites considéraient que la technique n’est pas neutre et qu’elle est un lieu de pouvoir. Il y a eu un processus de neutralisation de la technique qui a débuté au 19e siècle. Au début de l’industrialisation, le consensus sur le progrès technologique n’existait pas. C’est une construction sociale et politique.
Nous ne pouvons pas nous opposer à la technique. En revanche, nous pouvons proposer d’autres trajectoires possibles.

Du consommateur au prosommateur

A travers ma pratique, je tente de rétablir un lien entre la production autonome et la production hétéronome. J’essaie de replacer le design en tant que design d’auteur au sens où William Morris [3] l’entendait, en privilégiant le travail à taille humaine et les savoir-faire. C’est un design du côté de la réalisation et qui considère le citoyen comme un travailleur plutôt que comme un client. Mieux, en procédant ainsi, c’est comme si j’abolissais la frontière entre le consommateur et le producteur. Le citoyen devient alors un « prosommateur », c’est-à-dire un individu qui prend part à ce qu’il va consommer. Cette attitude de prosommateur nous sort de notre attitude passive de consommateur, elle nous pousse à nous réapproprier les savoirs, les techniques pour devenir des acteurs responsables de l’univers que nous façonnons.

"Réduire notre temps de travail pour l’utiliser à des activités d’autoproduction."

Ingmar Granstedt propose dans son ouvrage Du chômage à l’autonomie conviviale [4] de rétablir l’équilibre entre la production autonome et la production hétéronome en réduisant notre temps de travail pour l’utiliser à des activités d’autoproduction et ainsi démanteler petit à petit l’industrie en se réappropriant les techniques et les savoir-faire. Il propose pour cela différents angles d’attaque des filières : la première solution consiste à commencer par la fin et à remonter, en examinant chaque stade de fabrication, jusqu’aux matières premières. « Ou alors on peut commencer par le stade des matières premières et descendre progressivement la filière jusqu’au produit final. » Et enfin on peut aussi « partir de la réparation et de la fabrication de pièces détachées pour dissoudre la filière « latéralement ». »

Un nouveau modèle sociétal basé sur l’entraide, la diffusion des savoirs et l’autoproduction

En restant dans cette optique, imaginons une société qui ne soit pas basée exclusivement sur la consommation d’objets mais sur l’autoproduction. Plusieurs communautés coexisteraient et, au sein de chacune d’elles, les membres pourraient fabriquer leurs propres objets dans des ateliers collectifs mis à leur disposition. Chaque communauté pourrait avoir une production spécifique qu’elle pourrait échanger tant que ces échanges ne remettraient pas en cause l’autonomie de la communauté. Cette condition serait remplie si l’on mettait en commun ce que l’on pourrait appeler :

"Le code source de l’objet."

Ce concept fait référence au logiciel libre qui est fourni avec son « code source », c’est-à-dire le programme du logiciel, donnant ainsi le droit à toute personne de le compiler, de le modifier, de le copier et de le diffuser. Au logiciel libre, on oppose le logiciel propriétaire dont les sources sont cachées ou ne peuvent être modifiées sans l’accord du propriétaire. Dans le cadre de la production d’objets, le « code source » donnerait accès aux choix de conception, aux plans et aux méthodes de production et serait diffusé dans l’économie des connaissances. Ce type d’économie permettrait la re-sociabilisation des objets par la levée de leur abstraction.

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Dévoiler les difficultés qui peuvent survenir."

Lors de la réalisation de mes objets, j’ai conçu une documentation. Dans la partie consacrée à la phase de conception, j’ai exposé mes choix conceptuels tout en expliquant pourquoi j’avais écarté certaines pistes et je donne les plans détaillés de l’objet. Dans une deuxième partie (phase de réalisation), je révèle le détail des choix techniques ainsi que les différents matériaux utilisés. La réalisation est documentée grâce à une série de photos prises lors de la construction. Vient enfin une phase d’optimisation où je mets en avant les avantages de l’objet autant que ses inconvénients. En effet, contrairement au modèle marchand où l’on va cacher les erreurs, les ratages, on va ici dévoiler les difficultés qui peuvent survenir car celles-ci deviennent potentiellement des ressources pour d’éventuelles améliorations. En dévoilant ces problèmes, en les diffusant dans l’économie des connaissances, on pourra avoir des retours suggérant des pistes de résolution.
J’ai soumis les différents articles que j’ai écrits à la rédaction du magazine de bricolage « Système D ». Le magazine organise tous les mois un concours et prime les 50 meilleurs articles. Ce magazine constitue pour moi à la fois un espace de monstration et un moyen de rémunération.

Le modèle des logiciels libres appliqué à la production des objets

Voici quelques projets de « design libre ». Cette liste n’est pas exhaustive, il y a bien sûr beaucoup d’autres projets qui mettent en accès libre les connaissances développées.
Superflex est un collectif d’artistes danois qui travaillent principalement sur des questions de propriété intellectuelle. Ils ont notamment développé une bière « libre », c’est-à-dire une bière dont la recette est diffusée gratuitement. Superflex incite les consommateurs à s’emparer de cette recette, à la modifier et à la partager avec la communauté. La recette est donc largement diffusée et cela totalement gratuitement. Par contre, la bière est vendue car brasser de la bière a un coût.
Le site internet « opensourceecology.org » regroupe des projets partagés en open source sur des questions écologiques. Chaque personne peut déposer son projet et collaborer avec d’autres personnes pour le développer.

"Aux États-Unis, un village est construit selon ce principe sur un site expérimental."

Bâtiments bioclimatiques, machine à fabriquer des briques de terre et tracteur y sont fabriqués pour répondre aux besoins tout en maîtrisant la technique.
« Usinette » est un projet basé sur l’entraide qui fonctionne sur le modèle du hackerspace. C’est un lieu de fabrication, de diffusion des savoirs et de transdisciplinarité. On y fabrique ses propres outils comme les « repraps » qui sont des machines de prototypage rapide permettant de réaliser des pièces en plastique. Les fichiers numériques des objets ainsi réalisés sont ensuite enregistrés dans une banque de données sur le site « Thingiverse.com » pour que d’autres personnes, possédant une « reprap », puissent les fabriquer.
Le lecteur pourra consulter d’autres projets comme : « Oscar »« Maya pédal »« Bricolabs »« Ardheia », « OpenCola », etc.

Une pédagogie qui nous rend acteurs de notre devenir

Je reviens maintenant aux projets que j’ai développés. Comme nous avons pu le constater, il est important de diffuser les connaissances acquises pour que la communauté puisse en profiter. Les publications dans des revues ou sur des sites internet sont des moyens efficaces mais elles ne peuvent pas remplacer la richesse d’un échange lors d’une rencontre. C’est pourquoi je donne des conférences sur ma pratique et mène des ateliers de bricolage sur des questions écologiques.
Pour mener à bien ces projets de transmission, nous avons créé en 2008 avec Gabrielle Boulanger une association qui a pour but d’effectuer des recherches sur l’autonomie en tant que forme d’organisation sociale, et de transmettre ces recherches. Nous avons notamment participé à quatre éditions du festival de vulgarisation scientifique pour les enfants « Remue méninges ».

Nous proposons des ateliers traitant des problématiques écologiques à travers une démocratisation et une réappropriation des sciences et de la technique. Nous sortons ainsi de simples actions de sensibilisation pour rendre le citoyen acteur des changements écologiques à opérer pour sauvegarder la planète. Nous avons organisé des ateliers de fabrication de fours solaires, d’éoliennes, d’initiation à l’architecture bioclimatique et à la technique de construction à ossature bois.

Un avenir au design libre ?

L’expérience que je viens d’exposer dresse les prémices d’une société basée sur l’autoproduction, la collaboration, l’entraide et la libre circulation des connaissances. Les échanges de produits y sont réduits pour faire place à des échanges de connaissances et de savoir-faire. Ce schéma organisationnel vise à augmenter l’autonomie de chaque citoyen, il est reproductible par mon voisin sans pour autant que j’entre ainsi en concurrence avec lui, bien au contraire. Je ne peux que m’enrichir de ces recherches qu’il va partager. Cependant, tout le monde n’a pas les compétences pour tout autoproduire et cette pratique n’empêche pas une relative spécialisation et certains échanges matériels tant que ces objets sont produits sous une licence libre, laissant ainsi la possibilité à d’autres usagers de les fabriquer. Un nouveau paradigme est à construire où le designer financerait ces recherches en amont et toucherait une rémunération par la transmission de savoir-faire lors de formations plus que par la vente d’objets.

 

[1] François Brune, Le Bonheur conforme, Éditions Gallimard, 1985

[2] Ivan Illich, La convivialité, Éditions du Seuil, 1973

[3] William Morris, L’âge de l’ersatz et autres textes contre la civilisation moderne, Éditions de l’encyclopédie des nuisances, 2006

[4] Ingmar Granstedt, Du chômage à l’autonomie conviviale, Éditions À plus d’un titre, Collection La ligne d’horizon, 2007

Open design et Design Libre, quelle différence ?

L’amalgame est souvent fait entre libre et open source, que ce soit pour le logiciel ou le matériel, alors qu’au travers de ces termes ce sont deux modèles de société très différents qui sont prônés.

Dans le cas de l’Open design , l’utilisation marchande n’est pas permise. Si vous voulez faire une utilisation marchande d'un objet, vous devez en demander l’autorisation à l’auteur et celui-ci peut exiger qu’on lui reverse une partie de l’argent récolté. L’interdiction de l’utilisation marchande est cohérente si le concepteur s’interdit lui aussi cette utilisation en vue d’étendre la sphère de la gratuité. Mais à partir du moment où l'on commercialise l’objet et que l'on interdit l’utilisation marchande aux autres, alors on s’offre un monopole. On ne change rien par rapport au paradigme des brevets, la documentation est disponible en ligne comme elle est disponible à l’INPI (organisme qui gère les brevets) et la copie d’un brevet est possible dans le cas d’un usage non-marchand. En France, toute utilisation d’une invention protégée dans un cadre privé, non commercial ou à des fins expérimentales est légale, code de la propriété intellectuelle (article L. 613-5). Une telle restriction est donc valable dans le cas où je me l’applique à moi-même. Cependant, pour éviter la création de monopole, une  licence libre est préférable. Une notice ou documentation diffusée sous licence libre de type « creative commons BY SA » ou « art libre » permet en effet à toute personne de l’utiliser pour un usage personnel ou à des fins marchandes, avec une condition de paternité : l’auteur doit être cité. Les modifications apportées à la notice initiale doivent être distribuées sous la même licence, on dit alors que la licence est virale. On impose donc que les modifications et extensions soient aussi libres. Nous avons choisi ce paradigme-là car il a tendance à démocratiser la technique en « libérant » l’information. En effet, si vous achetez un objet produit sous une licence libre vous pouvez, si vous n’êtes plus satisfait, prendre le code source de l’objet, sa notice et ses plans, et le reproduire vous-même.

DES PRÉCURSEURS

Thomas Chippendale était un ébéniste et un créateur de meubles anglais dans des styles géorgien, rococo anglais et néoclassique. Il peut être vu comme un précurseur du design libre, en effet en 1754, il publie un livre de ses réalisations : The Gentleman and Cabinet Maker's Director .

Des magazines de bricolage comme Système D créé en France en 1924 ou Mécanique Populaire créé aux Etats Unis en 1946, diffusent les réalisations des lecteurs et témoignent d'une culture du « Do It Yourself » très présente à l'époque. Système D était au départ plus qu'un magazine, c'était une communauté. En plus de publier chaque mois les réalisations des lecteurs, il servait aussi de moyen de communication entre les membres. En effet, les lecteurs pouvaient faire passer des annonces dans la publication pour demander de l'aide afin de réaliser leur projet. Dans chaque ville, des ateliers Système D se créaient, les membres de l'atelier y fabriquaient leur propre outillage. Cependant les licences libres n’existant pas encore, ces articles tombaient alors automatiquement sous le régime des droits d'auteurs, ce qui signifie que vous n'êtes pas autorisé à l'utiliser hors du cadre privé, nous sommes donc ici plus proches de l'open design que du design libre.

SUPERFLEX

Superflex est un collectif d'artistes danois qui travaille principalement sur des questions de propriété intellectuelle. Ils ont notamment développé une bière « libre », c'est-à-dire une bière dont la recette est diffusée gratuitement. On incite les consommateurs à s'emparer de cette recette, à la modifier et à la partager avec la communauté. La recette est donc largement diffusée gratuitement. Par contre, la bière est vendue car brasser de la bière a un coût. Cette recette a été reprise un peu partout dans le monde et on peut la trouver à Copenhague (dans Copy shop, le magasin de Superflex), en Afghanistan, en Pologne, au Brésil...

OPEN SOURCE ECOLOGY

Le site internet « opensourceecology.org » regroupe des projets partagés en open source sur des questions écologiques. Chaque personne peut déposer son projet et collaborer avec d'autres personnes pour le développer. Aux Etats-Unis, un village est construit selon ce principe sur un site expérimental. Bâtiments bioclimatiques, machine à fabriquer des briques de terre, tracteur y sont

fabriqués pour répondre aux besoins tout en maîtrisant la technique. La conception des machines est robuste et permet leur maintenance, prolongeant ainsi leur durée de vie.

MATHIEU GABIOT

Mathieu Gabiot est designer produit, il vit et travaille à Bruxelles. Sa démarche s'articule autour d'objets du quotidien, principalement de mobilier. Il concentre son énergie vers une simplicité de la mise en œuvre, et des choix de matériaux renouvelables. Parmi les projets qu'il développe, une partie sont publiés sous licence libre, laissant la possibilité à l'utilisateur de pouvoir copier, modifier et redistribuer les objets qui l’intéressent. Archipel, Constant OSF, Scala, Libre Kitchen, et prochainement le Bouctje sont des projets diffusés sous licence Art Libre pour lesquels cet aspect fait partie du cahier des charges. Ces objets ont été conçus dans un esprit Do It Yourself, c'est-à-dire pensés pour être reproductibles facilement sans avoir besoin de matériaux ou d'équipement

spécifique. Pour parler plus spécifiquement de Scala, il s'agit d'une famille de mobilier dessinée pour Constant vzw à l’occasion de sa participation au festival Artefacts, organisé par le Stuk Museum de Louvain en Belgique. Il a été conçu pour recevoir le résultat physique des recherches et analyses issues du Festival VJ13 organisé par Constant en décembre 2011. Parmi les possibilitésd’installation à l’intérieur du musée, l’escalier principal pour accéder aux différents niveaux s’est révélé porteur de sens avec l’idée d’une circulation- transmission d’informations. Il en résulte un système modulaire adapté aux marches du musée. Il permet une installation souple et flexible avec différents supports de présentation venant s’emboîter sur des échelles verticales.

CHRISTOPHER SANTERRE

Christopher Santerre est designer, il vit et travail en France où il développe des projets en design libre comme le projet Pong, Open Source Energy ou la chaise Woodstrap. La chaise woodstrap est le résultat d'un partenariat avec l'ESAT de Némours. Cet établissement de réinsertion par le travail comprend un atelier de palettes sur mesure qui génère de manière régulière et abondante de nombreuses chutes de bois de résineux potentiellement réutilisables. Composée de 14 pièces de bois et de deux ceintures de sécurité, Woodstrap est une chaise à assembler soi-même, revendiquant son esthétique brute.

MAYA PEDAL

Maya Pedal est une organisation non-gouvernementale qui fabrique à partir de vieux vélos venant des pays dit "développés" des machines fonctionnant à l'énergie musculaire, les "bici-machines". Les artisans de Maya Pedal se font apôtres de la technologie appropriée. Il s’agit d’une technologie à coût abordable qui augmente l’efficacité ou l’énergie de l’homme pour la réalisation d’un travail, sans engendrer les impacts sur la santé et l’environnement de la technologie conventionnelle. Elle est une alternative à la technologie issue de la révolution industrielle, c’est-à-dire celle des machines utilisant les combustibles fossiles. Les machines qu'ils réalisent sont vendues à prix coûtant à des groupes communautaires indigènes mayas du Guatemala et des fiches techniques

documentant la réalisation de ces machines sont téléchargeables sur leur site internet pour que d'autres communautés puissent s'approprier ces technologies.

ARDHEIA

ARDHEIA (Association de Recherche et de Dynamisation de la filière pour un Habitat Ecologique, Innovant et Alternatif) est une association qui a pour but de « promouvoir la sensibilisation, la coordination, la formation, la recherche technologique, artistique et sociale au sein de la filière éco-

construction » ; habitat modeste, durable, écologique et économique à base de matériaux naturels performants et innovants. Pour chacune de ses réalisations, des fiches techniques sont mises à disposition sur leur site internet pour que d'autres personnes puissent les construire ou s'en inspirer. Les membres de l'association ont réalisé aussi une documentation d'aide à la conception et développé des outils informatiques comme des logiciels permettant de dimensionner un chapiteau ou un zome. Ce qui relève d’une volonté de transmettre un outil « convivial » qu’on va pouvoir s'approprier pour l’adapter à nos besoins (on révèle la phase de conception du code source de l’objet). Enfin des fiches sur des techniques de construction spécifiques, bois cordé, fondations écologiques... qu'ils ont éprouvé suite à des chantiers sont aussi mises à disposition sur leur site internet.

COPENHAGEN SUBORBITALS

La première fusée open source a décollé !

« Ça y est ! Cet après-midi, depuis une plateforme maritime, une fusée construite par des amateurs a fait son premier vol. Ce dernier s'est bien passé, malgré le fait que la fusée n'ait pas été aussi haut que prévu, et que les parachutes se soient cassés. Elle a été lancée en mer, depuis une plateforme de lancement fait maison, et en utilisant un sous-marin également fabriqué par l'un des deux initiateurs du projet. La fusée est composée de deux modules : le premier « Tycho Brae », est fait pour transporter un humain, et a été récupéré après son amerrissage. Le module du propulseur aurait, lui, coulé. Le projet est donc fait par des amateurs, avec un budget ridicule (37000 euros pour 2011) et financé par du sponsoring et des dons. Les plans de la fusée sont disponibles sur leur site web. »

ARDUINO

« Arduino est un circuit imprimé en matériel libre (dont les plans de la carte elle-même sont publiés en licence libre mais dont certains composants sur la carte, comme le microcontrôleur par exemple, ne sont pas en licence libre) sur lequel se trouve un microcontrôleur qui peut être programmé pour analyser et produire des signaux électriques, de manière à effectuer des tâches très diverses comme la domotique (le contrôle des appareils domestiques - éclairage, chauffage...), le pilotage d'un robot, etc. C'est une plateforme basée sur une interface entrée/sortie simple. Il était destiné à l'origine principalement mais pas exclusivement à la programmation multimédia interactive en vue de spectacle ou d'animations artistiques. »


Samedi 22 juillet 2017 @ 11:34:51 -:- !!

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