Les enfants issus de l’immigration tendent à être pénalisés lorsqu’il s’agit d’entamer et de réussir des études, et ce, même après contrôle du milieu social. Les débouchés varient fortement sur le marché du travail entre les adultes nés à l’étranger à différents niveaux de formation, ce qui montre la variation de l’offre et de la demande entre les niveaux de formation, les difficultés que les diplômés de l’enseignement tertiaire nés à l’étranger éprouvent à faire reconnaître les diplômes obtenus et l’expérience professionnelle acquise ailleurs et les prétentions salariales moindres des travailleurs étrangers dans certains pays.Les disparités de parcours scolaires et de débouchés professionnels persistent aussi entre les sexes. Les garçons sont plus susceptibles que les filles de redoubler, d'être moins performants en compréhension de l'écrit et de ne pas réussir leurs études secondaires. Quant à l’orientation scolaire, les garçons sont dans l’ensemble surreprésentés en filière professionnelle et moins susceptibles d’entamer et de réussir des études tertiaires. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans l’effectif en formation dans le cadre institutionnel à l’âge adulte. Elles restent toutefois moins susceptibles de travailler et gagnent moins que les hommes à tous les niveaux de formation et dans tous les pays de l’OCDE, même si elles ont choisi le même domaine d’études qu’eux. Repenser l’équité dans l’éducation à l’heure du numériqueEn dépit de ces constats, la présente édition de Regards sur l’éducation montre que ces défis ne sont pas insurmontables. Les comparaisons, l’analyse des politiques et l’examen des pratiques optimales sont très révélateurs. Il ressort des comparaisons qu’améliorer la mobilité sociale et l’égalité des chances dans l’éducation n’a rien d’impossible : les enseignements tirés des systèmes d’éducation les plus équitables soulignent l’importance de commencer tôt pour que les enfants, en particulier ceux issus de milieux défavorisés, acquièrent des bases solides, de bonnes compétences cognitives, sociales et émotionnelles, et fassent de l’apprentissage une habitude qui les guidera tout au long de leur vie. Pour y parvenir, il faut investir dans les enseignants et les aider à comprendre les besoins de chacun de leurs élèves et à adapter leurs stratégies pédagogiques en conséquence. Il apparaît toutefois que dans les pays de l’OCDE, 94 % des enseignants disent avoir participé à des activités de formation continue au cours des 12 derniers mois selon l’Enquête internationale de l’OCDE sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS), mais que 20 % seulement d’entre eux ont déclaré que cette formation portait sur l’enseignement en milieu multiculturel ou plurilingue, un pourcentage qui varie sensiblement entre les pays.Le progrès technologique a des implications pour l’éducation, car non seulement il fait évoluer la demande de connaissances et de compétences, mais aussi il transforme le secteur de l’éducation lui-même. Pendant la pandémie, nous avons constaté certains de ses travers, de la lassitude des jeunes devant leur écran à leur stress causé par l’adaptation aux cours à distance, en passant par le risque de voir ceux dépourvus d’accès aux outils indispensables aux cours à distance perdre pied. Nous avons aussi constaté à quel point la technologie était modulable, favorisait les interactions et pouvait s’adapter aux besoins de chacun. La technologie peut aider les enseignants à mieux comprendre les différentes façons dont les élèves apprennent et les systèmes d’éducation à mieux aligner les ressources sur les besoins. À cet égard, les connaissances des enseignants en technologie et la confiance qu’ils ont en leur capacité de l’utiliser et de l’intégrer dans leurs pratiques pédagogiques sont essentielles. Enfin, nous savons que préparer les jeunes à continuer de se former, d’actualiser leurs compétences et de se recycler à l’âge adulte est indispensable pour qu’ils soient résilients et puissent affronter les tendances de fond et les chocs externes. Pourtant, il apparaît que dans les pays de l’OCDE, le taux de formation est en moyenne 40 points de pourcentage moins élevé chez les peu qualifiés que chez les plus qualifiés. Ou encore que les adultes plus âgés sont 25 points de pourcentage moins susceptibles de continuer de se former que les plus jeunes (les 25-34 ans). Il faut donc qu’en plus de commencer tôt, l’éducation travaille plus étroitement avec d’autres secteurs de l’action publique et de l’économie pour contribuer à promouvoir des parcours flexibles qui sont en phase avec l’évolution de la demande sur le marché du travail.Alors que le monde découvre les effets à court et à plus long terme de la pandémie, de la mondialisation et de la numérisation de nos économies, l’OCDE continue d’œuvrer et, travail essentiel s’il en est, d’analyser avec rigueur les faits et les innovations politiques pour aider à cerner les besoins de compétences. Le monde entier en recueillera les fruits au retour de la croissance et de la prospérité.
L’aide financière peut favoriser l’accès à des niveaux d’enseignement hors scolarité obligatoire En moyenne, les dépenses unitaires d’éducation sont de l’ordre de 9 300 USD dans l’enseignement préprimaire ; de 10 500 USD dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire ; et de 17 100 USD dans l’enseignement tertiaire. Le secteur public finance en moyenne 90 % du budget total de l’enseignement primaire et secondaire, qui relève de la scolarité obligatoire dans la plupart des pays de l’OCDE. L’approche des formules de financement, qui prévoit des critères d’équité tels que le profil socio-économique de l’effectif d’élèves ou le pourcentage d’élèves handicapés, est la plus souvent utilisée pour allouer les fonds aux établissements à ces deux niveaux d’enseignement. Le secteur privé est plus présent dans l’enseignement préprimaire et tertiaire, dont il s’arroge un tiers environ de l’effectif. La part moyenne des dépenses privées, celles des ménages et d’autres entités privées, est toutefois moins élevée dans l’enseignement préprimaire (17 %) que dans l’enseignement tertiaire (30 %). Les aides financières aux ménages peuvent faciliter l’accès à l’enseignement des enfants issus de familles défavorisées, mais les transferts publics au secteur privé sont moins courants dans l’enseignement préprimaire que dans l’enseignement tertiaire. Dans certains pays où les frais de scolarité sont supérieurs à 4 000 USD par an, le pourcentage d’étudiants bénéficiaires d’une bourse publique ou d’un prêt d’études garanti par les pouvoirs publics passe la barre des 60 % en licence. Le financement public a toutefois augmenté de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire. Entre 2012 et 2018, il a augmenté de 10 %, mais à un rythme moins soutenu que les dépenses publiques totales (12 %).Les hommes n’ont pas autant profité que les femmes du développement de l’enseignement de ces dernières décenniesLe pourcentage de jeunes non-diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire est en moyenne plus élevé chez les hommes que chez les femmes dans les pays de l’OCDE. Les garçons sont plus nombreux en filière professionnelle qu’en filière générale dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire et constituent en moyenne de l’ordre de 60 % des redoublants à ce niveau d’enseignement. Les hommes représentent en moyenne 55 % de l’effectif diplômé du deuxième cycle de l’enseignement secondaire en filière générale, contre 45 % en filière professionnelle, selon les chiffres de 2019. Ils sont aussi moins susceptibles d’entamer et de réussir des études tertiaires. Les femmes constituent en moyenne 55 % de l’effectif de nouveaux inscrits dans l’enseignement tertiaire selon les chiffres de 2019. Si les taux actuels d’accès restent constants chez les jeunes, 46 % des femmes devraient réussir une première formation tertiaire avant l’âge de 30 ans, soit 15 points de pourcentage de plus que les hommes. Les femmes sont proportionnellement très nombreuses dans l’enseignement tertiaire, mais leur effectif diminue aux niveaux d’enseignement supérieurs. En 2020, elles ne représentaient en moyenne que 45 % de l’effectif diplômé en doctorat dans les pays de l’OCDE. Les femmes sont également moins susceptibles d’opter pour une formation en STIM, même si leur pourcentage a augmenté dans un peu plus de la moitié des pays de l’OCDE dont les données sont disponibles entre 2013 et 2019. Les femmes ont beau être plus nombreuses dans l’effectif diplômé, leur taux d’emploi reste inférieur à celui des hommes, même très nettement aux niveaux de formation inférieurs. Par ailleurs, elles gagnent en moyenne entre 76 % et 78 % de la rémunération des hommes quel que soit le niveau de formation à l’étude ; le différentiel salarial entre les sexes a toutefois diminué de 2 points de pourcentage entre 2013 et 2019. Les hommes sont moins susceptibles de devenir enseignant et de le resterEntre 2005 et 2019, le défaut de parité du corps enseignant s’est aggravé dans l’enseignement primaire et secondaire, mais atténué dans l’enseignement tertiaire. Les hommes constituent en moyenne 5 % du corps enseignant dans l’enseignement préprimaire, contre 18 % dans l’enseignement primaire, 40 % dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire et plus de 50 % dans l’enseignement tertiaire selon les chiffres de 2019. Il est particulièrement difficile d’inciter les hommes à embrasser la profession d’enseignant : dans l’effectif de diplômés de l’enseignement tertiaire occupés à temps plein, les enseignantes gagnent autant, voire plus que les autres femmes, mais les enseignants en poste dans l’enseignement primaire et secondaire ne gagnent qu’entre 76 % et 85 % en moyenne de ce que gagnent les autres hommes. Il est difficile aussi d’empêcher les hommes de se détourner de la profession d’enseignant. Dans le réseau public d’enseignement primaire et secondaire, le taux d’attrition varie entre 3.3 % et 11.7 % dans les pays de l’OCDE selon les chiffres de 2016, mais il est en moyenne plus élevé chez les enseignants que chez les enseignantes dans les pays dont les données sont disponibles. Le salaire statutaire des enseignants n’a guère évolué dans l’ensemble ces dix dernières années, contrairement à leur salaire effectif qui a augmenté en moyenne de 11 % dans l’enseignement préprimaire, de 9 % dans l’enseignement primaire et de 11 % et 10 % respectivement dans le premier cycle et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire entre 2010 et 2019 dans les pays et économies dont les données sont disponibles. Les fonctions et les responsabilités contribuent aussi à l’attractivité de la profession. Les cours représentent une part importante des responsabilités des enseignants, qui y consacrent un pourcentage de leur temps de travail égal en moyenne à 51 % dans l’enseignement primaire et à 44 % dans le premier cycle de l’enseignement secondaire.Autres faits marquants Le taux de scolarisation des 15-19 ans varie plus à l’échelle infranationale qu’internationale dans plus de la moitié des pays dont les données sont disponibles.Dans les pays de l’OCDE, la taille moyenne des classes ne varie pas de plus de deux élèves entre les établissements publics et privés dans l’enseignement primaire et secondaire.Les étudiants originaires de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure sont moins susceptibles de faire des études tertiaires à l’étranger : ils représentent moins d’un tiers de l’effectif mondial d’étudiants mobiles.L’association entre niveau de formation et espérance de vie à l’âge de 30 ans est plus forte chez les hommes que chez les femmes : le nombre d’années qu’il reste à vivre aux hommes est six ans plus élevé dans l’effectif diplômé de l’enseignement tertiaire que dans l’effectif non diplômé du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, contre trois ans chez les femmes.